Aïd el kebir 2010 (suite)

 

La Griffe pense déjà à l’Aïd 2011

L’Aïd 2010 est derrière nous. Les reportages des médias nationaux se sont voulu rassurants. Ont montré tel ou tel site mobile géant, à la périphérie des grandes métropoles, où tout s’était passé pour le mieux. Le Monde, par exemple, s’esbaudit devant cette machine de mort si efficace, si bien huilée. Pas un bruit, pas une oreille qui bouge. Ici, dixit le grand quotidien, on égorge à la chaîne. Et puis on conditionne, et on livre. C’est tellement beau, cet ordonnancement parfait, qu’on en oublierait presque que, dessous, il y a des animaux, êtres sensibles, émotifs, dotés d’intelligence…

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Le mouton « émissaire » chargé de la missive que la Fondation Brigitte Bardot  avait adressée en septembre 2009 au président Sarkozy, dans laquelle BB rappelait que « Nicolas » lui avait personnellement promis de mettre fin à ces pratiques en imposant l’étourdissement préalable à tous les animaux sacrifiés sur le sol de France, « comme l’exige la loi, sans aucune dérogation ».

Les effets de cette promesse présidentielle tardent à se faire sentir…

 

         Nulle part le moindre dérapage. On ne voit pas la moindre goutte de sang, sauf à cause de ces quelques empêcheurs d’égorger en rond que sont les associations de protection animale, et surtout une, L 214, qui, grâce à une caméra bien cachée, a pu voir ce que nul ne saurait voir.

             Mais on mettra cela sur le compte des dommages collatéraux.

Quelques-uns des acteurs de cette journée de « partage » regrettent toutefois les Aïd à l’ancienne. A la sauvage. Lorsque n’importe quel chef de famille inexpérimenté, muni de mauvais outils, pouvait égorger lui-même « son » mouton. Lorsqu’on pouvait se faire un remake du mythe du vieil Abraham dans son désert. Il y a quelque 6.000 ans. On était moins regardant, alors, sur le côté sanitaire de la chose. Car seul le sanitaire est important, aujourd’hui. Pour les autorités, les bêtes ne sont que de la viande qui bouge. Les services vétérinaires chargés de faire respecter les règles de protection animale ? Vaste blague… D’ailleurs ils n’ont pas le temps. Et si, pendant qu’ils consolent un agneau qui appelle sa mère, la moindre bactérie vient à passer au travers des mailles du filet, malheur à eux. Il y a des risques qu’il vaut mieux ne pas prendre.

             Le département du Puy-de-Dôme ne disposant pas de site d’abattage (une question toutefois se pose : pourquoi ne pas avoir sollicité les abattoirs de Lezoux et Issoire ?), les abattages clandestins sont allés bon train. En témoignent les reliefs (peaux, viscères) abandonnés ça et là par les protagonistes et trouvés par des quidam.

             Mais il n’y a pas eu de contrôle. Pas d’infraction constatée. On a laissé faire. Et l’an prochain, on nous resservira la même soupe : il faut absolument un site pour éviter les abattages clandestins.

La Griffe pense que les structures existantes devraient suffire. Elle s’oppose à l’installation d’un site temporaire sur Clermont-Ferrand qui avait été décidée en juin 2009 lors d’une session du conseil municipal, tant que l’étourdissement préalable de TOUS les animaux destinés à la consommation ne sera pas exigé. Autrement dit, tant que la dérogation dont bénéficient actuellement, et depuis 1964, les cultes israélite et musulman ne sera pas supprimée.

La Griffe invite à signer la pétition du collectif Non à l’abattage rituel à Clermont-Ferrand. La pétition peut être signée en ligne, mais une version papier sera adressée à qui en fera la demande à La Griffe, BP 10152, 63020 Clermont-Ferrand cedex 2 (joindre un timbre pour la réponse).

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