Anne n’aime pas le foie gras… (1)

 

Le canard est un goinfre, l’oie est méchante…

 

Amis Griffeurs, amis Griffeuses,

 

Noël, 2011 et ses « au fait, meilleurs v?ux ! » qu’on va nous souhaiter pendant tout un mois… Les idées de cadeaux qu’on n’a pas, mais on cherche… Les repas qui se traînent et nous avec eux… Les files d’attente qui portent si bien leur nom… Je veux pas me la jouer sauvage mais tout de même… Et là, vous me répondez : « Anne (oui, vous pouvez m’appeler par mon prénom), tout n’est pas négatif, il y a le foie gras…  » Ce à quoi je réponds, en froncettant les sourcils : « Amie Griffeuse, ami Griffeur, non,

pas vous !… »

 

Ça y est, vous vous dites, deux tiers de l’humanité meurent de faim et elle va nous gaver avec quelques volatiles trop nourris. Le foie gras, c’est une basse-cour de canards et d’oies qui gambadent bêtement dans une ferme du Sud-ouest avec maïs à volonté. Comme chacun sait, le canard est un goinfre, alors bien fait pour sa tronche. Quant à l’oie, une bestiole méchante en plus, qui profite qu’on a le dos tourné pour pincer les mollets, ça lui fait les palmes, à cette saleté. Voilà, la messe est dite, on peut aller se coucher…Même si ( et j’en suis désolée), vous êtes à côté de la plaque. Et, si je puis me permettre, plutôt loin… (de la plaque) . Notez, c’est pas de votre faute. Enfin, pas complètement. Parce que vous vous doutez bien un peu que ces étiquettes bucoliques, ce sont des gens très intelligents, qui ont fait des études et tout et tout, qui les pondent, pour que vous ayez une jolie conscience, sans scrupule aucun à consommer, encore et encore.

 

Pensez ! Ça sur les paquets : 

 

   gavage

                                                                                                     Affiche conçue par l’association L214


Ah, ben oui, ça calme… Effet médiocre à prévoir si vous l’égarez sur la table des festivités. Je vous commente l’image ? Si si, j’insiste. Allez, séquence culture générale.

 

D’abord, on gave les mâles. Les bébés femelles, on les a broyées. Hop là, elles sont mortes, enfin, on l’espère. Leur foie est trop nervé. Leur cerveau de filles aussi… Je sais, c’est hors sujet mais je ne peux pas m’en empêcher.

 

La fermette de votre arrière grand-mère, faut oublier. La France est un pays moderne qui ne jure que par l’élevage industriel en batterie. D’où ces charmantes petites cages individuelles où le canard ne peut ni se retourner, ni étendre ses ailes, ni se tenir debout comme il faut. Une cage pour lui tout seul certes, preuve qu’on est à l’écoute de son besoin d’intimité, mais question confort, c’est spartiate : sol en caillebottis ou en grillage, pour l’hygiène vous savez, parce que le canard fait caca… Beaucoup ont les pattes en charpie mais on s’en fout parce que c’est pas les pattes qu’on va bouffer. Alors la gambade, le bec au vent, dans ses rêves !

Deux fois par jour, on lui enfonce un tube de la gorge à l’estomac. Ca fait du chemin, une trentaine de centimètres, j’aime ce qui est précis. Un tube en métal, d’une souplesse toute relative. Et puis on lui lâche 1 kg de pâtée de maïs en 3 voire 2 secondes. Waouh, admiration !!! Comment est-ce possible ? Miracle de la technologie Messieurs Mesdames : La pompe pneumatique ou hydraulique permet cette magnifique vélocité. C’est qu’il y en a du canard à gaver….Faut taffer, mes enfants ! Maintenant, laissez-vous balancer dans l’estomac 20 % de votre poids en 3 secondes. Perso, je pense que je hurlerai en appelant ma mère, mon père, les frères et s?urs que je n’ai pas. Et peut-être même mon beauf, tiens.

Au terme des 12 jours de gavage, le foie a atteint un volume 10 fois supérieur à la normale. Forcément, le palmipède a beau ballonner un peu, ça ne suffit pas : le foie comprime les poumons, le c?ur. Alors, Il cherche de l’air, tout le temps. Il a mal au bide, une terrible chiasse qui dégouline chaque jour un peu plus. Pourrait même plus tenir sur ses pattes, encore moins marcher si on le sortait de sa cage. L’embuc lui a blessé l’?sophage à chaque passage. Alors, on le saignera. Ce sera fini et ce sera bien. On le souhaiterait à n’importe quel animal qui partage notre vie et à qui on infligerait ça.

 

 

C’est ça, la réalité du gavage. Rien de plus, mais rien de moins. Alors, quand les deux tiers de l’humanité crèvent de faim, la tranchette de foie gras est-elle indispensable ? C’est petit, je sais. Qu’importe, au royaume de la mauvaise foi, je suis à peu près certaine d’être la reine.

 

Anne

 

 

Amie Griffeuse, Ami Griffeur, n’achetez plus de
foie gras. N’en consommez pas au restaurant.

Signez le manifeste pour l’abolition du foie gras

Et puis diffusez, diffusez encore….

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