La Griffe et le petit agneau « Pascal »

Dimanche de Pâques. Ce matin, pendant le 7 / 9 de France Inter, un court reportage à Clermont-Ferrand, depuis une boucherie réputée pour la qualité de ses produits. A l’occasion des fêtes pascales, l’artisan a fait tuer une centaine d’agneaux. La tradition… Interview d’une cliente, qui disait en gros ceci :  » Tous les ans à Pâques, je viens chercher mon agneau de lait ici. Je suis chrétienne, pour moi c’est important de manger de l’agneau à Pâques ». Justement, l’agneau, victime innocente, est le symbole du Christ crucifié. N’y a-t-il pas là comme une contradiction, une trahison, même ?…

La photo se suffit à elle-même...
La photo se suffit à elle-même…

Il y a des tas de gens qui pensent sincèrement que les groupes religieux qui pratiquent l’abattage sans étourdissement sont des communautés archaïques et brutales. Ces gens-là dégustent leur gigot sans le moindre état d’âme alors qu’il y a de grandes chances pour que l’agneau de lait qui se trouve dans leur assiette ait été, lui aussi, quoique bien chrétien, égorgé sans ménagements. Parce que les dispositifs d’électronarcose ne sont pas tous adaptés à la petite taille de leur tête… Ah ! Il y a parfois des détails qui tuent ! Ce n’est pourtant pas de gastronomie, ni même d’abattoir dont je voudrais parler. Mais d’un petit agneau particulier, qui a mobilisé notre attention et nos tentatives de le sauver de la mort. L’agneau pascal de La Griffe, en quelque sorte. Le jeudi juste avant Pâques, Jeudi saint pour les chrétiens, une griffeuse est passée par hasard devant un pré où se trouvait un petit enclos. A l’intérieur, un groupe de quatre ou cinq brebis, quelques agneaux, mais surtout un agneau mort et un autre, la peau sur les os, boitant, essayant vainement de téter une maman qui visiblement ne voulait pas de lui (cela arrive parfois). Sur le sol, plus un seul brin d’herbe, mais beaucoup d’immondices, de ferrailles rouillées et autres débris. Les animaux n’avaient ni eau, ni nourriture. Notre griffeuse a donné de l’eau et a laissé quelques bottes de foin qui se trouvaient dans sa voiture. Et il lui est resté l’image atroce de ce petit si maigre, si seul… Il ne nous restait qu’à aller trouver le maire de la commune concernée, mais la mairie était fermée. Nous avons donc alerté les gendarmes. Surprise : ils connaissaient le propriétaire des animaux, ils nous ont dit qu’ils allaient le voir de suite. Nous leur avons dit que nous déposerions une plainte s’il ne faisait rien pour améliorer le sort des moutons. Nous souhaitions aussi qu’ils lui fassent part de notre volonté de récupérer l’agneau abandonné par sa mère. Le gendarme a répondu, laconique : « L’agneau, je pense qu’il va le terminer… » Nous avons insisté, sans beaucoup d’illusions toutefois. Le lendemain, vendredi, Vendredi saint, date symbolique de la crucifixion du Christ, nous avons décidé d’aller chercher ce petit agneau, vaille que vaille. Il fallait le tirer de là. Surtout ne pas le laisser mourir de faim et de soif. Nous nous sommes procuré du lait, avons envisagé des possibilités d’accueil en attendant une solution pérenne. Les gendarmes avaient tenu parole, l’enclos avait été installé là où il y avait de l’herbe, les détritus avaient été pour la plupart enlevés, ainsi que le cadavre de l’agneau mort. Mais plus de trace du pauvre petit que nous avions repéré et que nous venions chercher. Nous sommes arrivées trop tard. Nous n’avons pas, hélas, le moindre doute sur ce qui a dû lui arriver. Pour reprendre les termes du gendarme, le propriétaire l’a probablement « terminé », on préfère ne pas savoir comment. Qu’aurait-il fait d’un petit à qui il faut donner le biberon, dont il faut s’occuper sans cesse ? Pour la plupart des gens, les animaux ne sont rien. Encore certains y mettent-ils la manière. Pas ici. Le seul intérêt des bêtes, pour ceux qui les élèvent, est de représenter une source de profit. Un animal qui coûte de l’argent n’a plus de raison d’être… C’était juste un petit agneau, qui avait fait l’erreur de naître. Il n’avait même pas de nom. Et si on l’appelait Pascal ?

LG Barbara 008

Josée Barnérias

NB: Nous avons emprunté l’image « Joyeuses Pâques à ceux qui ne mangent pas de bébés » au blog de notre copine Kikidu 78.

5 réflexions sur “La Griffe et le petit agneau « Pascal »”

  1. Quel histoire bien triste.. Quelle cruauté.. Comment à notre siècle peut on manger des bébés agneaux ou autres au nom d’une religion complètement dépassée..Triste et cruelle religion ..

  2. jésus a sauver l agneau , l homme le sacrifi pour BOUFFER ET CE FAIRE PLAISIR , OUI c est honteux et dégueulasse de massacre ces petits etre vivant juste pour le plaisir .

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