Lettre envoyée au journal La Montagne en réaction à son dossier du 23 novembre 2014 sur la chasse à l’arc

A propos du « Grand angle » consacré à la chasse à l’arc

 Dans son édition du dimanche 23 novembre 2014, La Montagne-Centre France consacre un (très) « Grand angle » à la chasse à l’arc. Un ensemble d’articles qui a inspiré à La Griffe, association d’information et d’intervention pour les animaux, quelques commentaires.

Si, techniquement parlant, la journaliste en charge de ce reportage a tenté de faire une synthèse des différents aspects de son sujet, en revanche, elle n’a pas abordé le côté éthique de cette pratique très contestée du fait de sa cruauté intrinsèque.

Cette chasse consiste d’abord à blesser avant de tuer. Il est en effet extrêmement rare que les animaux touchés meurent sur le coup. Si certains sont, au bout d’un laps de temps plus ou moins long, retrouvés par les « chiens de sang », d’autres en revanche parviennent à s’enfuir pour aller mourir bien plus loin, au bout de plusieurs jours d’agonie, finissant terrassés par une septicémie ou attaqués par d ‘autres animaux du fait de leur grande faiblesse.

Cela paraît peut-être normal à une certaine partie de la population. Il en est une autre, de plus en plus importante, qui ne tolère plus ce genre de pratique.

Mais la question que l’on peut (que l’on doit?) légitimement se poser, au-delà des habituels clichés qui nous sont abondamment servis (on retrouve les mêmes poncifs dans la chasse à courre, la corrida, etc.) – « l’animal a ses chances », « on n’est pas des viandards » (sous-entendu « on est des artistes »), « on respecte l’animal », « on régule », « l’homme est un prédateur, c’est dans sa nature de chasser », etc. – un florilège de mauvaise foi, est la suivante : pourquoi des êtres en apparence intelligents et conscients aiment-ils à ce point infliger la souffrance et la mort à un animal qui ne leur a rien fait ? Pourquoi essaient-ils de justifier par tous les moyens cette fascination de la mort donnée ? Pourquoi ce genre de pratique s’accompagne-t-il invariablement d’une interprétation valorisante de la part de ceux qui l’exercent (le courage, la patience, l’intelligence, la connaissance parfaite de la nature et de la faune qui caractérisent ces apprentis Rambo) et d’un déni total de sa cruauté ?

Ce sont des questions que la journaliste n’a pas posées et pour lesquelles nous sommes pourtant nombreux à attendre des réponses. La prochaine fois, peut-être ?