Lettre ouverte aux marchands d’animaux

12189001_991714657548164_3244334606028681976_nNous, adhérents de La Griffe, avons décidé de multiplier nos actions de protestation envers vous, les marchands d’animaux. En l’occurrence, dans un premier temps, il s’agira des animaux dits « de compagnie » et assimilés, c’est-à-dire tout le petit peuple de ces bêtes jugées insignifiantes que l’on fait entrer chez soi pour se distraire, un peu comme on achète un gadget animé…

Certains d’entre vous diront qu’ils ne comprennent pas, ou feront mine de ne pas comprendre. Quoi ? Il y a « marchand » et « marchand », direz-vous… Il y a les méchants, et il y a les gentils. Il y a ceux qui maltraitent et ceux qui chouchoutent. Vous objecterez que chez vous, les animaux sont bien traités, bien soignés, que les salariés sont formés pour s’en occuper au mieux, en respectant leur nature et les impératifs qui y sont liés. Vous nous direz que leur but est moins de faire de l’argent que de trouver pour ces animaux des foyers où ils auront une vie heureuse…

Foutaises…

Car, si ces animaux sont élevés, « produits » plutôt, par milliers, centaines de milliers, c’est justement pour être vendus, donc pour représenter une activité lucrative, sans quoi où serait l’utilité de les obliger à se reproduire sans relâche ?

Et puis qui dit marchand dit « marchandise », or, pour nous, adhérents de La Griffe, les animaux ne sont pas, ou en tout cas n’ont pas vocation à être des marchandises. Nous connaissons des animaleries qui ont le cynisme d’accepter les chatons surnuméraires qu’on leur apporte, sous prétexte qu’ils leur sauvent la vie… Ils vendent ceux qui sont « vendables », mais que font-ils des autres ? Ils les font identifier, comme le veut la loi, et les « livrent » accompagnés d’un certificat vétérinaire en bonne et due forme. Ils les font même vacciner. Mais de stérilisation, il n’est pas question. C’est là que le bât blesse. Car ils ne font que perpétuer le cycle infernal de la misère féline. Idem pour les lapins nains, pour les hamsters et tous autres animaux qui se reproduisent en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire… Le devenir de tous ces animaux qu’ils ont lâchés sur le marché les intéresse-t-il, une fois qu’ils ont encaissé le chèque ?

A La Griffe, nous avons décidé de livrer une guerre sans merci contre ce genre de commerce. Non, les animaux ne sont pas des objets. Un animal, comme nous nous plaisons à le répéter, ce n’est pas quelque chose, c’est quelqu’un. Un animal ne peut être vendu. Un animal n’est pas un esclave. Il est hors de question que, les concernant, l’esclavage soit légitime. Il en va ainsi, pour nous, de tous les animaux.

Certains marchands, pensant sans doute être entrés dans un cercle vertueux, nous objecteront : « Mais nous, nous ne vendons ni chiens ni chats ». Fort bien. Mais ils vendent oiseaux, poissons, rongeurs, petits carnivores, reptiles… La Griffe a souvent récupéré de ces animaux-hochets que l’on achète par caprice, ou pour faire plaisir au gamin. Ce n’est pas un investissement trop lourd, et leur espérance de vie n’est pas démesurée. C’est un article éphémère, un jouet qui amusera le bambin juste le temps qu’il faudra pour qu’il s’en lasse. Et après ? Après, l’animal, s’il n’est pas simplement jeté dehors, croupira dans sa cage, oublié de tous, jusqu’à ce que mort s’en suive… Est-ce ainsi que l’on doit traiter les animaux ? Est-ce ainsi que l’on doit éduquer les enfants ? En leur enseignant que les être vivants et sensibles n’existent que pour les distraire ?

A La Griffe, définitivement, nous refusons toutes ces choses, tous ces crimes. Car il s’agit bien de crimes. Nous n’aurons de cesse que les animaleries et les élevages-usines qui sont leurs pourvoyeurs en matériel vivant ferment enfin leurs portes.

La Griffe