On y va !

La Griffe attaque, samedi…

 

La Griffe a décidé de donner rendez-vous, le samedi 12 novembre à 15 heures, place de Jaude, à Clermont-Ferrand, à tous ceux qui en ont assez d’assister, impuissants, aux carnages, à l’exploitation, aux incroyables violences que les hommes font subir aux bêtes, sans même jamais pouvoir le dénoncer.

On ne voit rien lorsqu’on ne veut pas voir. La condition animale n’a jamais été aussi douloureuse, et nous sommes de plus en plus nombreux à nous en indigner. Le nombre des associations de défense des animaux explose. Et pourtant…

Il y a des chiffres qui donnent le vertige. Tout bien considéré, tout bien compté, chacun des sept milliards d’humains qui habitent désormais la planète doit être statistiquement à l’origine, chaque année, du martyre d’au moins une cinquantaine d’animaux terrestres, célestes ou aquatiques. Rien ne va plus ! Cela est intolérable. Cela nous fait mal, à nous qui le savons. Cela fait mal à notre humanité.

 

Si l’on regarde autour de soi en refusant d’admettre que les animaux n’existent que pour qu’on les exploite, on est submergé de honte, de chagrin et de colère, car il n’est pas un seul jour, pas une seule minute, où le mépris de nos contemporains pour les bêtes ne nous explose à la figure avec la plus obscène des brutalités.Mais qui, aujourd’hui, a conscience de cela ?

 

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Cheval que l’on conduit à l’abattoir. Chaque année, en France, environ 18.000 chevaux (réformés de courses, de clubs, ou chevaux lourds) sont abattus. (Photo : Animaux en péril).

 

On considère qu’il est légitime de manger des animaux, de s’en revêtir, de les exploiter de toutes les manières possibles, de les pourchasser, de les massacrer, de les égorger, de les éventrer, de les torturer, ou simplement de les laisser souffrir sous les prétextes les plus futiles, les plus incroyablement infantiles et régressifs.

Qui se pose un seul instant la question de leur être ? Les animaux n’ont pas qu’une existence, ils ont aussi une essence. Je vois en eux non des espèces, mais des individus, que je peux rencontrer, connaître, aimer peut-être. Aimer sans doute… Comme moi, ils ont peur de ce qui les menace, ils aiment être libres, ils évitent, s’ils le peuvent, la douleur ; ils sont accessibles à la tristesse, à la colère, à la joie…

Pourquoi alors leur sort me serait-il indifférent ? Si je suis capable de m’apitoyer sur quelqu’un qui souffre, ne serait-il pas étrange que la souffrance d’un animal me laisse émotionnellement et intellectuellement inerte ? Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez ceux qui se voilent la face, refusent l’évidence, habitent leur déni, ce déni qu’ils ont pris soin de doter de hauts murs très épais, opaques comme peuvent l’être les murs des abattoirs, de ces prisons que sont les élevages, toutes sortes d’élevages, et dont les prisonniers sont innocents de tout crime ?

Maintenant c’est trop : trop de victimes de notre cupidité, de notre goinfrerie, de notre soif de domination, de notre infantilisme, de notre ignorance, de notre connerie, de notre mauvaise foi.

Réveillons-nous, indignons-nous, puisque c’est dans l’air du temps ! Mais faisons plus encore : exprimons-nous !

Je voudrais tant être fière d’appartenir à une espèce intelligente et généreuse, qui aurait comme principal ennemi la souffrance de l’autre, n’importe quel autre, eût-il des poils, des plumes, des écailles, ou fût-il, comme moi, glabre et peu doué pour la vie sauvage…

Voilà pourquoi La Griffe appelle au rassemblement samedi. Pour que nous apportions notre minuscule contribution à l’édifice qui est en train de se construire. Il est question des bêtes, bien sûr. Mais c’est aussi d’humanité qu’il s’agit. Nous vous attendons !

                                                                                                                      Josée Barnérias

 

Voici ce que nous demandons :

 

Pour les animaux de compagnie : l'interdiction des petites annonces, sur Internet et dans la presse, visant à céder un ou plusieurs animaux, à titre onéreux ou gratuit, sauf dérogation expresse (pour les associations de défense des animaux et les refuges, par exemple), ainsi que leur vente dans les animaleries ou assimilé ; la stérilisation des chats, mâles et femelles, avant l’âge de huit mois et la participation autre que symbolique des collectivités locales à la stérilisation des chats qui vivent dans la rue et à leur entretien ; la multiplication des contrôles visant à vérifier que la loi sur l’identification des animaux de compagnie est respectée.

Pour les animaux sauvages : l'interdiction absolue et définitive de toutes les pratiques reconnues pour infliger des souffrances aux animaux : chasse à courre, piégeage, chasse à l’arc, vénerie sous terre, etc. avec reconversion des animaux utilisés pour cela (chiens, chevaux, rapaces…) ; la suppression du classement en espèces « nuisibles » ; l'interdiction de la chasse pour les mineurs ; la promulgation du samedi et du dimanche « jours sans chasse » ; l'interdiction de la pêche industrielle.

Pratiques de loisirs :
l'interdiction immédiate, sur tout le territoire, de la corrida et des combats de coqs ; l'interdiction de la présence d’animaux sauvages dans les cirques ; l'interdiction de la chasse de loisir et des lâchers d’animaux d’élevage ; l'interdiction de la pêche de loisir et des lâchers de poissons d’élevage ; l'interdiction des fêtes dont le prétexte tourne autour de l’exploitation, de la souffrance ou de la consommation d’un animal (« Saint-Cochon », par exemple).

Animaux d’élevage : l'interdiction de l’élevage d’animaux pour leur peau (fourrure et cuir) ; la suppression des subventions aux élevages de type industriel (y compris pisciculture) ; l'interdiction de la pratique du gavage en vue de production de foie gras ; l'obligation pour les abattoirs d’effectuer la mise à mort des animaux dans les conditions les moins pires qui soient, avec du matériel moderne, performant et fréquemment contrôlé ; l'interdiction absolue, sans la moindre dérogation, y compris d’ordre religieux, d’abattre un animal sans qu’il ait été au préalable étourdi par des méthodes indolores ; la limitation drastique du temps de transport des animaux, et l'amélioration sensible des conditions de ce transport .

Recherche scientifique et assimilés : la disparition progressive mais rapide des expériences douloureuses et stressantes sur les animaux, impliquant une captivité prolongée et, à terme, leur mort, avec mise en place de méthodes substitutives.

Autres : l'élaboration de menus végétariens dans la restauration collective.

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