Les animaux de La Griffe

Autant le dire : les animaux que nous hébergeons, répartis chez divers accueillants, ne sont pas adoptables. Pour certains, ils l’ont été, mais les semaines, les mois ont passé, personne ne s’est présenté pour leur offrir une vie meilleure et, désormais, habitués à leurs pénates, il ne serait pas souhaitable qu’ils en changent, si ce n’est pour trouver beaucoup mieux.

Ces animaux, chats, chiens, lapins, cochons d’Inde, poules, et même une adorable biquette, sont entièrement à la charge de La Griffe. Cela représente chaque mois plusieurs milliers d’euros de nourriture, parfois de visites vétérinaires, de soins divers (antiparasitaires par exemple).

Ces animaux pour la plupart sont âgés, ou pas très beaux (d’après les canons en vigueur du « bel animal », dont nous n’avons que faire), ou encore très peu sociables, ou du moins pas assez pour plaire à d’éventuels adoptants qui attendent, et c’est bien normal, un compagnon qui témoigne à leur égard un minimum d’affection.

Jusqu’à leur mort, qui survient à son heure, c’est-à-dire le plus tard possible, nous nous sommes engagés à prendre soin d’eux, à leur apporter tout ce dont ils ont besoin, gros câlins en prime.

Nous avons, il y a quelques années déjà, mis en place un protocole de parrainage, que nous n’avons guère exploité, n’ayant pas de bénévole sous la main pour pouvoir s’en acquitter correctement.

Vous trouverez sur cette page la liste, avec une photo et un petit texte de présentation, de quelques-uns de nos pensionnaires. Les parrainer, c’est une façon intelligente et efficace de nous aider à prendre soin d’eux.

Tchaï, née fin janvier / début février 2020

C’est en passant devant la courette d’une maison que j’aperçus un chevreau avec lequel jouaient des adolescentes. En pleine ville… Ce n’était pas un lieu pour semblable animal. Du coup, je revenais sur mes pas et, apercevant une adulte, m’enquerrais auprès d’elle sur la présence de ce qui s’avérait être une biquette de même pas un mois. Et le même jour, le 25 février, Tchaï allait rejoindre chiens, chats, lapins et autres poulettes chez une bénévole de La Griffe…

Minuit, 13 ans

Après le décès de la dame chez qui elle vivait, cette petite chatte angora noire comme son nom l’indique (le nom d’origine a été changé) a été invitée par la famille à quitter les lieux. Et voilà qu’elle s’est retrouvée dehors, nourrie à la fortune du pot par le voisinage. Au bout de deux ou trois mois, on nous a signalé sa présence et nous l’avons récupérée pendant l’hiver 2018-2019. Minuit n’est pas habituée à la concurrence et elle proteste lorsqu’elle voit un autre de ses congénères s’il franchit les distances de sécurité admise par cette chochotte. Cependant, si elle est un peu râleuse, elle ne montre aucune méchanceté, elle est même très affectueuse et très présente avec les bipèdes. Pour une minette de son âge, elle est vive et agile. Pour Minuit, désormais, c’est l’heure du bonheur.

Zoé, entre 16 et 18 ans

La petite Zoé nous a été amenée au printemps 2016 après le départ de sa dernière maîtresse en date pour une maison de retraite. C’est que Zoé, dont la naissance a été (sur-)évaluée en 2000, a eu une vie assez agitée. Nous ne connaissons pas son histoire, mais la seule chose que nous savons, c’est qu’elle a à son actif plusieurs années de refuge. Plus gentil que Zoé, il n’y a pas. Elle aime tout le monde, tout le monde l’aime. Elle est de race épagneul, mais on peut douter qu’elle ait jamais usé ses coussinets à la chasse. Elle n’a rien d’un prédateur. Elle mène depuis son arrivée à La Griffe une vie qu’elle apprécie, avec des copains chiens, des complices chats, beaucoup de coussins, quelques balades, autant que son arthrose inévitable le permet. Zoé était obèse lorsqu’on l’a accueillie. Des promenades quotidiennes, une nourriture adaptée l’ont débarrassée de sa mauvaise graisse. Elle se contente désormais d’être rondelette. Néanmoins, le mot qu’elle préfère c’est « gâteau ».

 

 

Clafoutis, 11 ans

Clafoutis, qui autrefois s’appelait Didou, a rejoint La Griffe pendant l’été 2019. Il était né dix ans plus tôt et avait passé sa vie avec un monsieur qui prenait soin de lui. Mais les années passant, le monsieur qui n’était plus tout jeune a décidé de rejoindre sa fille qui vivait de l’autre côté du monde. Il lui était impossible d’emmener Didou dans ses bagages. Nous l’avons recueilli pour éviter à ce bon gros matou tranquille de se retrouver dans un refuge. Et nous avons bien fait. Celui qui est devenu Clafoutis est un timide colosse, gentil comme tout, mais qui aurait été perdu dans une communauté de chats inconnus. Clafoutis a pour singularité d’être vorace et de se nourrir exclusivement de sachets fraîcheur, ce qui ne représente pas franchement une rente (il en engloutit plusieurs par jour). Quant aux croquettes, il se contente de les goûter précautionneusement sans vraiment donner suite…

Papion & Papaille, 8 ans

Les deux jumeaux siamois auront 8 ans cet été. Nous les avons recueillis en 2017, après le décès de leur propriétaire. Il nous semblait alors facile de placer ces deux superbes minous ensemble, puisque, frère et sœur, ils ne s’étaient jamais quittés. Erreur ! Malgré nos tentatives, aucun adoptant ne s’est présenté. Leur adaptation a pris plusieurs mois, et c’est Papion qui s’est montré le plus tourmenté par le changement survenu dans sa vie. Aujourd’hui, ils se sentent parfaitement chez eux là où ils sont. Ils se sont fait des copains. Papion est plein de vie, il est très doué pour les acrobaties. Quant à Papaille, elle est douce et gentille, un peu timide, mais craquante avec sa bouille ronde et ses grands yeux bleus. L’un et l’autre sont de grands bavards et si leur voix ne fait pas spécialement d’eux des ténors d’opéra, ils n’en disent pas moins toute leur tendresse et leur bonheur de vivre.