Un Conte, en vrai ! Cela s’est passé à … Dontreix ! 

Willem, l’Ânon Sauveur de Vies ! 

Willem est un joli petit ânon, fier citoyen de la jolie commune de Dontreix qui se situe dans le magnifique département sauvage de la Creuse. Willem, né depuis un mois seulement, a déjà contribué à sauver six vies ! Six petites vies innocentes, se trouvant en pleine détresse, tremblantes de peur, de faim et de mal. Six petites frimousses, à la merci des indifférences, à la merci de la terrible sentence des plus forts. Ou de ceux qui croient l’être !… Car le plus fort, c’est bel et bien Willem, joli petit ânon et fier citoyen creusois de la jolie commune de Dontreix ! Qui, en d’autres temps, justes et bons envers le peuple Animal, aurait déjà obtenu (à son âge !) la palme de Sauveur de Vies !

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Cette histoire a commencé par un agréable matin d’été, en plein mois de juillet, quand la bruyère batifole avec le serpolet, quand les étangs miroitent de mille pièces d’or, quand les petits lérots masqués chuchotent en chantant, quand les sentiers invitent à d’irrésistibles balades à travers bois et champs. 

Willem, sa Maman Rosie, le bel âne Othello, la doyenne ânesse Donna (qui, elle, a plus de 30 ans !) et leur humaine Marguerite, n’ont pas résisté à l’invitation de ce beau matin. L’artiste Soleil, particulièrement inspiré, a déployé toute sa palette de reflets lumineux et chatoyants pour leur dessiner une jolie promenade.

Notre petite troupe cheminait cahin-caha, humant l’herbe et les feuilles, se délectant de calme et d’enchantement, lorsque Willem s’arrêta net à hauteur d’une vieille grange en pierres, à l’abandon sur le bord du sentier de terre.

Marguerite fut saisie par la beauté du jeune petit âne, son profil tourné vers la vieille grange, ses longues oreilles dressées, sublimé par la clarté du matin. Les jeux d’ombres et de lumières le paraient d’une aura presqu’irréelle, soulignaient sa magnificence Animale et l’immortalisaient dans son immobilité mystérieuse. Marguerite contempla Willem avec une profonde admiration puis enclencha son appareil photo pour l’immortaliser, elle aussi. C’était un moment de pure magie ! Où le temps et les événements s’arrêtent pour laisser place à la Beauté seule.

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Très vite, elle s’aperçut que Willem, lui, se fichait éperdument de prendre la pose pour être la muse de nos regards émerveillés. Willem écoutait de toutes ses oreilles ce qui se passait dans la grange abandonnée, retenant son souffle, troublé de ce qu’il entendait et percevait. Il était en train de signaler à Marguerite que des Êtres Vivants gémissaient plaintivement, là, prisonniers de ces vieux murs de pierres.

Willem a stoppé la jolie balade et s’est inquiété du sort de ces petits êtres qu’il ne voyait pas mais dont il ressentait les pleurs, le désarroi, la solitude, l’effroi. Son petit cœur encore si candide comprenait pourtant la gravité de leur situation.

Marguerite reçut le message du petit âne et courut jusqu’à une ouverture de la grange.

Ciel ! Quel contraste avec la poésie d’air, de lumière et de Vie de l’instant qu’elle venait d’apprécier ! Là, tout était sombre, poussiéreux, moisi, froid et sordide. Une puanteur insoutenable la fit frissonner et lui piqua les yeux. Une puanteur effrayante … de cadavre !

Elle entendait clairement les gémissements à présent mais ne pouvait distinguer qui était là. Son appareil photo toujours à la main, elle tendit le bras le plus loin possible dans l’obscurité et essaya de zoomer, à l’aveuglette, dans la direction des mouvements furtifs qu’elle percevait. Le flash se déclencha et elle put découvrir, sur la photo, un tout petit chiot qui passait en pleurant à côté de deux autres petits chiots gisant au sol, sans doute morts.

Willem, Rosie, Othello et Donna regardaient Marguerite essayer d’ouvrir la porte de la grange, attentifs et unis, comme pour l’encourager et lui transmettre force et énergie. Mais la porte était solidement bloquée et ne voulait pas céder d’un pouce. Alors, Marguerite expliqua à ses amis ânes qu’ils devaient rentrer à la maison afin qu’elle puisse trouver du renfort et aider les petits chiots à sortir de là car, elle en était sûre, il y avait non pas un mais plusieurs survivants…

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Aussitôt dit, aussitôt fait. Marguerite est vite revenue, avec des boîtes de pâté pour attirer les chiots et pouvoir les capturer. Faisant le tour de la grange, elle a déniché une autre ouverture pour y pénétrer et a ainsi pu débloquer la porte principale, coincée de l’intérieur par de grosses bottes de vieux foin. Elle découvrit, avec tristesse, quatre petits cadavres de chiots, dont un à moitié enseveli sous la paille, et ce qu’elle vit à la lueur de sa lampe de poche lui glaça le sang : l’un des quatre petits chiots morts a été déchiqueté, par lambeaux de chair … vraisemblablement par ses petits frères et sœurs qui devaient, les malheureux, essayer de ne pas mourir de faim ! Cette scène d’épouvante la fit réagir immédiatement, consciente de l’urgence vitale pour les autres chiots.

Et cette journée-là se déroula de façon totalement différente de ce que Marguerite avait imaginé au petit matin. Ce fut une journée de véritable secourisme animalier, on peut le dire ! Jusqu’au soir, il a fallu déployer des trésors de patience et d’astuces pour pouvoir attraper six petits chiots au total qui, terrorisés, paniqués, fuyaient et se cachaient, se terraient dans des cavités difficiles à repérer.

Des amis ont accouru depuis St-Quentin-la-Chabanne, en Creuse, pour relayer Marguerite, munis d’une trappe et de caisses de transport. Ce n’est que vers 22 heures que le sixième chiot a pu être sorti sain et sauf. Les jours suivants, Marguerite a pris soin de vérifier, bien sûr, qu’il ne restait plus d’autres chiots cachés là-bas, en déposant de la nourriture dans la grange. La nourriture demeurait intacte (aucun animal n’est venu se ravitailler dans ce lieu de nuit et de mort …).

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Les six petites créatures vivantes apparaissaient si démunies, serrées les unes contre les autres, tellement tremblantes de peur devant les humains, ne sachant quelles seraient leurs intentions … Inquiètes du sort qu’ils allaient leur réserver.

Une amie de Marguerite a accueilli les chiots dans un ancien et spacieux poulailler, inutilisé et bien clôturé, où ils pourront enfin découvrir la lumière du jour, la terre et l’herbe. Installés dans de la paille sèche et propre, avec des paniers, des couvertures et des abris à leur disposition, les six chiots ont reçu les premiers soins : un peu de nourriture mais pas trop d’un coup, afin de réhabituer progressivement leur estomac souffrant de faim ; de l’eau, des paroles douces, des gestes calmes et des caresses légères pour les réconforter et les rassurer.

Et nos six petites boules de poils ont passé leur première nuit en sécurité et à l’abri, entourées de bienveillance, goûtant l’air, les étoiles, l’aube, la Vie !

Le lendemain, quelques-uns des petits chiens ont compris que Marguerite et ses amis étaient leurs sauveurs et ne leur voulaient que du bien. Timidement, ils se sont approchés, en quête de chaude affection. D’autres, probablement encore sous le choc, n’étaient pas encore prêts et préféraient observer, un peu à l’écart.

Edith, une gentille, dynamique, épatante dame habitant au Montel-de-Gelat, la commune du Puy-de-Dôme voisine de Dontreix, est venue immédiatement avec des médicaments vétérinaires pour soigner la diarrhée des petits chiots. Elle les a aussi vermifugés en urgence, et ô combien à bon escient ! Puisque deux jours durant, les bébés ont excrétés quantité de vers !

Il se trouve que, par un heureux hasard, cette dame est membre d’une association qui vient en aide aux animaux, basée à Clermont-Ferrand.

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Gageons que si les six chiots pouvaient parler notre langue, ils clameraient haut et fort leur reconnaissance, de tout leur petit cœur :

  •  à Marguerite qui s’est démenée, corps et âme, pour les sauver ;
  • aux amis de St-Quentin-la-Chabanne qui ont bravé les kilomètres et les heures tardives ;
  •  à Edith du Montel-de-Gelat et à l’association « La Griffe », venues en renfort pour emmener les deux chiots les plus faibles chez le vétérinaire, prodiguer à tous les soins appropriés (médicaments, vermifuges, pipettes anti-parasitaires, nourriture adaptée de convalescence et de croissance), et faire identifier les petits chiots afin qu’ils puissent être adoptés par de gentils humains ;
  • … et … évidemment… et … surtout …. surtout … à Willem !… leur petit ânon Sauveur de Vies.

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Tout est bien qui finit bien. Les petits chiots ont vite retrouvé la santé et se sont montrés en pleine forme, confiance et joie de vivre. Willem et Marguerite ont cliqué, cliqué, sur leur ordinateur… pour envoyer les photos des mignonnes petites bouilles à tout leur réseau d’amis sur internet. De nombreuses personnes, attendries par cette histoire, sont venues les voir, les caresser, leur parler, jouer avec eux et ont tenu à leur offrir une vie de Bonheur avec un grand B.

Les nouvelles qui parviennent à Willem et Marguerite, au fil des jours qui passent, font chaud au cœur et perler la larme à l’oeil !

  •  TOSCA, petite chienne noire et feu coule des jours heureux, complice de Ton, son papa humain, sur leur grand terrain à Auzances.
  •  BASTIAAN, petit croisé berger de couleur bringé, s’amuse comme un fou avec son nouvel ami Joupi, le chat d’Esther et Reinier, dans leur maison de rêve, à Condat-en-Combrailles.
  •  ZEN, petit chiot tout marron, celui qui était le plus timide des six, a su toucher le cœur de trois jolis enfants : Tara, Finn et Odin ainsi que celui de leurs tendres parents. Il partage joyeusement leur vie à St Sylvain-Bellegarde.
  •  UKKIE, autre petite chienne noire et feu, fait battre le cœur de Robert, son fougueux papa humain, à Tardes, près d’Evaux-les-Bains.
  •  KYHA, la plus petite de toute la bande, noire et feu elle aussi, aide Marie à veiller avec amour sur Elliot et Tyl, deux petits moutons noirs, rescapés eux aussi, à Mortroux dans la région des Trois Lacs.
  • Tandis que WILLEM, petit chiot bringé aux pattes blanches, a voulu s’appeler comme son héros, l’ânon Sauveur de Vies. Quel bel hommage ! Il est aimé à la folie par Michèle, une gentille dame de La Cellette, qui lui fait de la bonne cuisine tous les jours!

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Lorsqu’ils atteindront l’âge de 6 ou 7 mois, les petits chiens seront stérilisés par un vétérinaire, pour leur sécurité, leur bonne santé, leur bien-être et pour le bien de tous.

Notre histoire se termine par une Cerise sur le gâteau… Marguerite a rencontré la maman des chiots ! C’était une chienne errante, peut-être abandonnée, peut-être perdue, que personne n’a jamais cherchée et qui s’était tristement réfugiée chez une famille humaine, avec trois beaux enfants. Grâce à son amitié avec cette gentille famille, la maman chienne a pu être stérilisée rapidement et espère être adoptée elle aussi. Elle n’avait pas de nom… Elle s’appelle Salsa aujourd’hui et en est très fière !

Merci à tous, merci pour eux, merci pour elle !

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Souvent, ici, les contes s’achèvent par : « la morale de cette histoire… » etc, etc. 

Mais Willem et les chiots n’ont pas de morale à édicter. Ils laissent le soin à chacun d’écouter et d’entendre la seule voix qui sonne juste : celle du cœur. Car c’est elle qui fait avancer chacun de nous vers plus de dignité, d’empathie, d’ouverture, de respect, de courage, de fierté.

Et n’oublions pas que tous les animaux sont des Magiciens ! Car les animaux rapprochent les gens et abolissent les préjugés ! Hommes, femmes, enfants, de n’importe quel âge et de n’importe quel milieu, qui ne se connaissaient pas, se lient d’amitié, s’intéressent les uns aux autres lorsqu’ils se penchent, ensemble, sur le sort de ceux qui sont à notre merci : les animaux … Ce n’est pas Willem qui dira le contraire 😉

Et aussi, n’oublions pas d’envoyer nos tendres pensées aux quatre petits sacrifiés de la vieille grange qui, eux, n’ont pas eu le temps de vivre… et d’avancer !

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Raconté par Myrtille, de Dontreix, juillet 2014.

 

1

 

 

 

 

Quand les petits Lérots masqués chuchotent en chantant…

2 3

« Vous ne serez jamais, et dans aucune circonstance, tout à fait malheureux si vous êtes bon envers les Animaux ». Victor Hugo

Sans titre

« On n’a pas deux cœurs, un pour les Hommes et un pour les Animaux. On a un cœur ou on n’en n’a pas ! » A. de Lamartine

4

« Un Animal, c’est de la Vie, enveloppée de fourrure ou d’écailles, habitée par l’inquiétude, capable, oh combien capable de tendresse, de force, de courage et de peur… » Jean-Paul LEBOURHIS.

6 7

Kyha, petite bergère de Tyl et Elliot.

« Apprendre à un enfant à ne pas marcher sur une chenille est aussi précieux pour l’enfant que pour la chenille. » Bradley Miller.

8 9

« Alors, est-ce qu’on ne pourrait pas de nation en nation commencer par tomber d’accord sur l’amour que l’on doit aux bêtes ? De cet amour universel des bêtes, par-dessus les frontières, peut-être en arriverait-on à l’universel amour des hommes ». Emile Zola – (déclaration au Figaro, le 24 mars 1896).