Une histoire de Puppa

Une histoire de Puppa

par Josée Barnérias
http://www.lepost.fr/article/2010/04/12/2028780_hommage-a-tous-les-chats-des-rues.html

Je ferme les yeux et je la revois, arpentant de son pas tranquille et chaloupé, de son allure d’altesse, la courte allée où je déposais sa nourriture. Pas n’importe quoi, pour elle. Le meilleur. Elle le méritait.
Ce devait être au printemps que je l’ai vue pour la première fois. Une chatte de petite taille, à la robe blanche, grise, beige, tout cela savamment réparti sur un poil très long et très fourni. Il est de coutume de ne pas parler de visage pour les animaux. Nous voulons nous distinguer d’eux de mille façons. Trouver des milliers de « propre de l’homme ». Garder le noble et leur laisser le trivial. Mais elle, la nature l’en avait dotée, d’un visage. Un vrai. Qui exprimait la douceur, mais aussi l’étonnement et la malice. Ce que l’on pouvait prendre pour une coquetterie dans l’oeil gauche était en réalité la conséquence d’un accident. L’oeil était mort. Quand ? De quelle façon ? Impossible de le savoir. L’oeil était mort, oui, mais pas le regard.
Et elle restait là, patiente, à proximité de ma petite maison de vacances. Elle ne passait pas le portillon. Elle avait repéré les chiens. En revanche, très vite, elle est devenue assez copine avec mes chats. Il faut dire qu’elle possédait un heureux caractère. Elle fréquentait mon coin avec une assiduité étonnante. Je pensais qu’elle guettait sa pitance. Mais non. Il lui arrivait souvent de la négliger. Elle avait un appétit d’oiseau. Il fallait lui trouver un nom. Je l’ai appelée Puppa, en prononçant le « u » « ou ». Je trouvais que cela lui allait bien. Plus tard, une Anglo-saxonne de ma connaissance m’a dit que c’était un nom stupide. Tant pis. Je n’ai plus guère entendu parler de l’Anglo-saxonne, mais Puppa est restée.
Puppa était une petite chatte sans maître, avec un S tatoué dans une oreille, ce qui signifiait qu’elle avait été stérilisée par une association du secteur. C’était toujours ça. A la fin de mon séjour, deux semaines c’est vite passé, nous avions fait connaissance, elle et moi, et j’éprouvais beaucoup d’inquiétude à l’idée de la laisser seule, sans protection, sans nourriture, avec sa vision réduite, alors que des hordes bruyantes de touristes n’allaient pas tarder à débouler, mettant en vrac toutes ces petites vies de rien qui se déroulaient sous les taillis, autour des arbres, frôlaient silencieusement les murs des maisons, traversaient la nuit enfin tombée comme de petites âmes craintives à la recherche d’un modeste paradis, qui pouvait prendre la forme d’un jardinet désert, d’un auvent oublié. L’emmener avec moi, c’eut été merveilleux. Mais il y avait un problème. Si Puppa avait considérablement, en deux semaines, réduit la distance de sécurité qui la séparait de moi, il était toutefois hors de question que je la touche… Dès que j’avançais la main, elle s’enfuyait. Un jour, pourtant, alors que j’étais prête à prendre le départ, chiens, chats et bagages installés dans la voiture, je fis au débotté une dernière tentative. Et à ma propre stupéfaction, je parvins à saisir la minette. Pas longtemps hélas. Elle se débattit avec une telle énergie que je dus la lâcher et la regarder s’enfuir, fâchée qu’elle était par ma trahison. J’étais désolée. Cependant, à aucun moment elle n’avait tenté de me griffer ou de mordre. J’en conclus que Puppa était une belle personne, dehors comme dedans, et je souhaitais très fort qu’elle échappât aux dangers de la rue jusqu’à ce que je fus de retour.
Et pendant trois ou quatre ans, elle a été au rendez-vous. Quatre fois par an, je me rendais dans ma petite maison avec mes animaux. Elle était là, elle m’attendait. Je lui avais installé un abri confortable dans le jardin, et m’étais assuré la complicité de ma soeur, qui vivait sur place, pour venir lui apporter de quoi manger, deux ou trois fois par semaine. Si bien que, prudente, elle ne quittait guère le coin. Lorsque j’arrivais avec ma faune, elle cédait la place, et je lui installais son campement de l’autre côté du portillon. Ma hantise, c’était de ne plus la revoir. J’aurais pu me dire alors qu’elle avait trouvé mieux ailleurs, mais je sais que je me serais menti. Le seul motif de son absence prolongée ne pouvait être que la mort. Je le savais. Parfois, j’ai dû attendre de longues heures avant qu’elle se manifeste. Mais si je l’appelais, elle apparaissait dans les minutes qui suivaient.
Nous avions de longues conversations, parfois. Elle s’asseyait sur son derrière, me regardait en face, en clignant un peu des yeux et poussait de petits miaulements presque inaudibles tellement ils étaient ténus. Chaque matin, elle attendait son petit déjeuner, couchée dans l’allée, tournée en direction de la porte d’entrée, là où je ne manquais pas de me montrer dès mon lever. Je l’aimais. Elle m’aimait bien aussi je crois. Elle aurait bien voulu pouvoir s’approcher davantage, sacrifier cette foutue distance de quelques centimètres qu’elle s’obstinait à garder. Je la sentais parfois indécise. Mais la rue avait fait trop de ravages, instillé trop de peurs dans cet esprit simple qui ne connaissait du mal que celui que l’on pouvait peut-être lui faire, qu’on lui avait peut-être déjà fait. Les années passaient, la distance restait, et je savais que le temps était notre ennemi. Un jour, forcément, je serais impuissante à la protéger.
Je m’étais pourtant bricolé mon petit code magique, moi qui suis une mécréante modèle, qui ne croit ni en dieu ni au diable, qui n’invoque pas les âmes des morts et tiens les esprits pour des fantoches. J’inventais sans cesse des jeux hasardeux lors desquels il fallait absolument que je gagne, cela seul étant garant de la bonne santé de Puppa et de sa survie. Je pensais beaucoup à elle lorsque j’étais loin et la question se posait toujours de savoir si je la retrouverais, et dans quel état.
Et puis j’en ai eu assez. Je me suis dit un jour que cette fois-ci, coûte que coûte, il fallait que je l’attrape, que je la mette à l’abri. Qu’elle connaisse enfin une vie tranquille. Qu’elle puisse au moins dormir vraiment, sans crainte de l’ennemi mortel toujours possible. Les chats des rues ne connaissent pas le repos. Le monde ne leur est qu’embûches, difficultés, terreurs. Leur merveilleuse souplesse, leur intelligence, leur rapidité, leur vigilance extrême ne suffisent pas à assurer leur survie. Les plus chanceux, les plus costauds, vivent quelques années avant d’être anéantis par la maladie, explosés par les roues d’un véhicule, massacrés par des chiens, abattus ou empoisonnés par des imbéciles bourrés de haine. Je ne peux pas grand-chose pour toutes ces pauvres bêtes mais je voulais au moins que Puppa échappe à un sort qui me semblait tracé d’avance. Je voulais qu’elle vive. Et qu’elle vive bien.
Je suis arrivée en début d’après-midi, elle n’était pas là. Cela ne m’a pas trop inquiétée. Ma soeur m’avait déclaré l’avoir aperçue quelques jours plus tôt. J’ai pris le temps de décharger la voiture, d’aller faire un tour avec les chiens, et puis, seulement après m’être acquittée de tout cela, je l’ai appelée. Au bout de quelques minutes, elle me montrait son museau rose et noir. Tout était en ordre. Je disposais de deux semaines pour changer son destin.
Au bout de deux ou trois jours, cependant, l’inquiétude m’a gagnée. Puppa boitait de la patte avant gauche, qu’elle pouvait à peine poser au sol. Comment la soigner ? Comment la soulager, puisqu’il était hors de question de la toucher ? Pendant quelque temps, je la voyais aller et venir, douloureuse, et j’en concevais inquiétude et chagrin. Et puis enfin, je remarquai que la boiterie s’était atténuée, qu’elle était de moins en moins perceptible. Je fus soulagée. Pas pour longtemps.
Le lendemain matin, Puppa n’était pas au rendez-vous de la pâtée matinale. Je l’ai revue dans la journée, et je me suis rapidement aperçue que quelque chose clochait. M’approchant d’elle, je constatai que la pauvre bête était dans un sale état. J’avais déjà remarqué son poil terne, en bataille, et j’avais mis cela sur le compte de la mue de printemps. Mais là, impossible de se méprendre : Puppa avait attrapé un méchant coryza qui l’empêchait de respirer, remplissait ses narines de pus, faisait couler d’épaisses larmes opaques de ses yeux, et la privait de tout appétit.
Après avoir échafaudé mille ruses pour la capturer, je finis par rendre les armes. Aucun stratagème n’avait la moindre chance de marcher. Il ne restait plus qu’à attendre que, trop faible, elle n’ait même plus la force de s’enfuir. Et j’assistais, impuissante et attristée, à la souffrance de mon amie…
Je craignais plus que tout qu’elle disparaisse pour s’en aller mourir dans un coin au bout d’une lente agonie, comme ont coutume de le faire les chats. Et je me demandais où vont tous les chats morts ? Jamais on n’en retrouve aucun.
Il allait y avoir bientôt 24 heures que Puppa n’avait pas réapparu. Je me suis mise à la chercher, à l’appeler surtout. Elle a dû m’entendre. Alors que j’étais revenue chez moi depuis quelques minutes, je remarquais, en jetant un coup d’oeil à l’extérieur, une touffe de fourrure que je connaissais bien, couchée à l’endroit habituel, derrière le portillon d’un jardinet voisin, sous les lauriers. Le portillon, d’ordinaire, était verrouillé. Le temps de l’escalader, Puppa aurait déjà filé. Le hasard a voulu que, ce jour-là, des ouvriers venus faire des travaux dans la maison l’aient laissé ouvert. Je l’ai poussé silencieusement, suis entrée sur la pointe des pieds. Puppa était couchée, le nez dans la végétation, elle ne m’avait pas vue venir. J’ai bondi pour la saisir. Elle a voulu s’enfuir, mais j’ai été plus rapide. Elle ne s’est pas vraiment débattue. Je ne crois pas qu’elle a eu très peur non plus. Il fallait que cela soit. C’est tout.
J’étais vraiment heureuse. Je pensais l’avoir sauvée. Je me disais que désormais, on allait pouvoir la soigner, la guérir. Qu’une vraie vie de chat l’attendait. Que la galère, la rue, la faim, la peur, tout ça c’était fini. Terminé. Bouclé. C’était sans compter sur la malchance.
Je n’ai pas attendu, j’ai embarqué immédiatement Puppa chez un vétérinaire. Elle n’a pas bronché pendant qu’on la manipulait. Je lui parlais, elle ronronnait. Elle n’essayait pas de se débattre, elle avait peut-être compris qu’on ne lui voulait pas de mal. Elle avait un coryza d’importance, son oeil mort s’était infecté. Avec une piqûre d’antibiotiques, tout devait rentrer assez rapidement dans l’ordre, d’autant qu’après un test, il s’est avéré qu’elle n’était affectée d’aucun de ces méchants rétrovirus qui scellent le sort d’un chat en le condamnant à mort, non que le virus lui-même les terrasse tous inexorablement, mais parce que la société des hommes ne tolère pas leur incurabilité. Mort aux vaincus.
C’est peu dire que j’étais contente. J’ai laissé Puppa à la clinique. La jeune assistante qui s’était occupée d’elle l’avait installée dans une cage de convalescence où elle disposait d’un coussin, d’une litière et d’un peu de nourriture. Elle s’est calée confortablement sur le coussin, et m’a regardée intensément. Elle semblait dire que bon, maintenant elle allait pouvoir se reposer. Je suis restée un instant avec elle et je l’ai quittée, le coeur léger, attendant le lendemain avec impatience.
Lorsque j’ai appelé le cabinet, l’assistante du véto n’a pas semblé très enthousiaste. Aucune amélioration des symptômes du coryza et, de surcroît, probabilité d’une insuffisance rénale. Je commençais à déchanter. L’après-midi, je suis retournée la voir. Je l’encourageais, je lui demandais de s’accrocher, je lui disais qu’elle ne pouvait pas me laisser tomber là, comme ça, juste au début de sa nouvelle vie. Elle m’écoutait, ça oui. Elle me répondait même. Et j’avais le coeur brisé en caressant ce petit bout d’animal, frêle et mal coiffé, trempé de salive, pantelant, et je me demandais si elle sortirait jamais de cet endroit sinistre, et dans quel état.
Le lendemain, il y a eu comme une légère amélioration. Ecran de fumée. Illusion. Mirage.
Je l’avais amenée le lundi. Jeudi, lorsque j’ai téléphoné, comme chaque matin, pour prendre de ses nouvelles, l’on m’a appris que la dernière prise de sang avait révélé un
taux d’urée extrêmement critique. Ce jour-là, ma visite était une visite d’adieu. Je le savais. J’étais dévorée de tristesse, envahie par un gros chagrin coriace, accablant, qui faisait monter dans ma gorge les sanglots que je m’efforçais tant bien que mal de réprimer.
Puppa n’était pas bien, vraiment pas. Je l’ai prise dans mes bras. Elle était d’une légèreté quasi immatérielle. Je n’ai cessé de lui parler. A un moment, elle m’a fait comprendre qu’elle voulait retourner dans sa cage. A quoi bon se battre ? Elle se montrait plus sage que moi. Elle a fait mine de vouloir manger. Une fraction de seconde, j’ai voulu croire au miracle. Mais non, elle a renoncé. Elle a un peu bu. A posé son menton, comme épuisée par l’effort, sur le bord de l’écuelle. Je l’ai abandonnée quelques minutes. Le temps d’aller parler au vétérinaire, un jeune gaillard à la carrure de rugbyman et, je m’en suis aperçue ensuite, aux manières de brute. Et je lui ai demandé, oui, moi, de procéder à l’euthanasie de Puppa qui, il me l’avait confirmé, était au bout de son petit rouleau de rien du tout. Qui s’est aperçue qu’elle existait ? Qui s’apercevra qu’elle n’existe plus ? Qui se souviendra qu’elle a un jour existé ? Puppa, j’étais sa seule famille, et elle faisait partie de la mienne.
Je suis revenue vers elle pour y attendre la mort. Elle restait immobile, les yeux mi-clos, pendant que je jouais avec ses pattes et contemplais les touffes de poils blancs et soyeux qui s’échappaient d’entre ses coussinets. Et puis la mort est arrivée, non sous la forme d’un carrosse tiré par huit chevaux noirs, piaffant et écumant, mais dans la main d’un grand type vêtu d’une blouse verte. Le vétérinaire tenait dans sa main la seringue qui contenait la fin d’un monde, la fin d’une histoire, la fin de tout finalement. Et ce n’était que cela : un ridicule morceau de plastique et de métal, plein d’un liquide transparent comme de l’eau. Un mec qui n’en rajoutait pas, qui ne faisait que son boulot. Pourvu qu’il le fasse bien ! Une sourde angoisse est venue s’ajouter à mon chagrin. Je ne voulais pas que Puppa sente combien j’étais inquiète. J’ai eu envie de la prendre, de partir très vite de cet endroit qui tout à coup m’apparaissait dans toute sa sordide réalité. Derrière moi, une petite chienne blanche, qui n’avait pas l’air toute jeune, gémissait doucement, et tremblait avec son cathéter fiché dans la patte avant.
J’avais envie de prendre Puppa et de partir, oui. Qu’elle meure, d’accord, mais pas ici. Et puis je suis revenue à plus de raison. Cette putain de raison qui ne sert qu’à se
soumettre finalement. J’ai accepté le sort, la mort. Je voulais tenir Puppa, ma Pupette, ma Puppinette, garder le lien avec elle, lui montrer que je ne l’avais pas abandonnée au bourreau, mais il a fallu que je me pousse, parce que le type s’était mis dans la tête de la laisser dans sa cage pendant qu’il la piquait. Il l’a prise par la peau du cou, l’a retournée sans ménagement. J’étais dévorée de l’intérieur par l’incompréhension et la trouille. Je lui ai posé quelques questions. Il m’a dit qu’il faisait une première injection pour l’endormir. Il l’a piquée dans le flanc gauche. Elle s’est un peu agitée. Il a dû lui faire un peu mal, me suis-je dit. Il s’est éloigné. Il reviendrait plus tard, pour l’injection létale, lorsque Puppa dormirait… Mais Puppa ne s’endormait pas… Je me garderai de toute interprétation sur ce sommeil qui n’arrivait pas… Il est venu une première fois. Je l’ai renvoyé. La seconde, il a regardé ses pupilles. Et là oui, elle semblait dormir. Il fallait y aller maintenant…
J’ai eu l’impression d’assister à une estocade… Il a cherché le coeur. Il y a fiché l’aiguille. Et à ce moment-là, le pire a eu lieu. Ce que je redoutais le plus est arrivé. Puppa a tenté de se soulever en hurlant. Puis elle est retombée.
Mon indignation, ma peine, mon incompréhension, il y a répondu par quelques justifications qui étaient autant de mensonges. Que lui avait-il fait, ce sinistre, ce matador, cette brute ? Il m’a parlé des difficultés à trouver une veine chez un chat, surtout un « vieux ». Il a osé me dire qu’elle n’avait rien senti. Et puis, comme je protestais, il a semblé convenir de sa douleur, mais en ajoutant, comme si cela pouvait la nier, que « ça n’avait pas duré longtemps ».
Je n’avais même plus la force de l’engueuler, je me suis donné la permission de pleurer à gros sanglots, la main gauche posée sur le coeur de mon amie. J’étais au bord de la nausée. Il s’est écoulé combien de temps, pendant ce cauchemar ? Il a bien fallu que je l’abandonne, la toute belle. Je ne crois pas au paradis, ni à celui des hommes ni à celui des chats. La vie est une branche sur laquelle ne poussent que des départs. Et tous, plus douloureux les uns que les autres, restent plantés à tout jamais dans nos mémoires. C’est à cause de cela que nous vieillissons. C’est à cause de cela que nous mourrons. Et c’est aussi peut-être, paradoxalement, à cause de cela que nous nous battons.
Je me battrai pour que toutes les Puppa du monde s’endorment en paix.
Et le plus douloureux, ce ne sont pas ces deux ou trois secondes terribles qui ont mis un terme à la vie d’une petite chatte sans importance, c’est de prendre la mesure de la toute-puissance de l’homme sur la bête, de la majuscule indifférence avec laquelle il la traite et qui soudain nous fait concevoir combien est ténue la distance qui sépare l’être humain du tortionnaire. Il suffit que le premier se dise que ce qu’il a en face de lui n’est rien, pour se mettre à ressembler très fort au second. Nier l’autre, fut-ce un animal, refuser de voir en lui ce qui est vivant, unique, c’est ouvrir toujours un peu plus grand les portes de l’enfer.

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