Il fut un temps où les delphinariums étaient très appréciés du public. Orques, dauphins, mais aussi marsouins et belugas, captifs, y étaient dressés à exécuter des tours destinés à amuser la galerie.

 

A défaut de simples sentiments d’humanité, c’est la science qui a permis de montrer que ces mammifères marins ressentaient en captivité une grande détresse. Le plus souvent, ils étaient capturés dans leur milieu naturel et violemment séparés de leur groupe. Il est arrivé qu’ils s’auto-mutilent gravement, parfois même jusqu’à en mourir. Dans les parcs marins, la mortalité est particulièrement élevée. La souffrance psychique est réelle et s’exprime par de l’anxiété, des états dépressifs, des troubles du comportement...

 

En France, la détention des cétacés, leur exploitation et leur reproduction a été interdite par les lois dites de lutte contre les maltraitances animales de novembre 2021. Le dernier delphinarium qui subsistait en France, Marineland, à Antibes, hébergeait quelques 4.000 animaux marins. Il a mis la clé sous la porte en janvier 2025.

 

On ne sait trop ce que sont devenus les pensionnaires de Marineland. Les cétacés, eux, sont restés : douze dauphins et deux orques, Wikie, 25 ans, et son fils Keijo, 11 ans, attendent, dans un delphinarium déserté, que l’on statue sur leur sort.

A aucun moment, on n’a anticipé ce qui s’avère aujourd’hui un immense gâchis.

 

On était face à deux orques, qui pèsent dans les trois ou quatre tonnes chacune, douze dauphins… Qu’allait-on faire de ces animaux ? Des ONG, comme Sea Shepherd, ont proposé leur aide. Diverses solutions ont été envisagées. Un sanctuaire marin pourrait les accueillir, mais ces structures sont très peu nombreuses, certaines encore en voie de construction.

 

Il y a quelques semaines, le ministre de la Transition écologique, Matthieu Lefèvre, s’est inquiété de la vétusté des bassins de Marineland qui, disait-il, risquaient de se fissurer et de s’effondrer du jour au lendemain, mettant leurs occupants en danger de mort.

 

En l’absence d’autres solutions, il a décidé de transférer les deux orques à Loro Parque, un delphinarium du même groupe que Marineland, Parques Reunidos, à Tenerife, dans l’archipel des Canaries.

 

Les dauphins iront sans doute, à terme - du moins certains d’entre eux - au zoo-parc de Beauval, où ils jouiront de conditions de captivité meilleures que celles qu’ils avaient à Marineland. Reste que le groupe risque d’être séparé, ce qui pose d’autres problèmes.

 

En revanche à Loro Parque, d’après les ONG, les orques rencontreraient des conditions de vie pires encore que celles qu’ils connaissaient à Marineland.

 

Dès 2021, la chose aurait dû être entendue : il s’agissait de trouver des solutions alternatives pour les nombreux animaux de cirque et les mammifères marins « congédiés » et des lieux de retraite paisibles et confortables adaptés à leur nature.

Au lieu de cela, des fauves et autres individus d’espèces terrestres ont été expédiés dans des pays comme la Chine où le respect des animaux n’est pas à l’ordre du jour.

En attendant, les dauphins et les orques de Marineland sont toujours à nageoter dans des bassins en béton, exigus et sordides.

A quoi pensent-ils, ces prisonniers innocents qui ne font que tourner en rond ?

 

Il appartient aujourd’hui au Gouvernement, qui n’a pas su tenir son rôle, qui a trahi tous ces animaux après l’espoir qu’avait suscité la promulgation des lois, de donner à Wikie, Keijo et aux dauphins une chance de vivre enfin en harmonie avec leur nature profonde.

Un sanctuaire, c’est la seule voie possible. Le seul espoir.

Le Gouvernement doit s’engager !

 

Il subsiste aujourd’hui dans le monde une douzaine de delphinariums.

 

Les cétacés, éternelles victimes

 

Les cétacés sont chassés depuis la nuit des temps. Certaines espèces ont bien failli disparaître, d’autres ont pour de bon disparu.

Un moratoire aurait pu, en 1992, mettre fin à la chasse commerciale, mais quelques pays l’ont rejeté.

Il s’agit du Japon, de la Norvège et de la Finlande.

L’Islande s’apprête à reprendre la chasse du rorqual commun.

A eux seuls, ils tuent plus d’un millier de cétacés chaque année.

Les dauphins sont utilisés pour des expériences dites « scientifiques », ou encore pour des missions dangereuses, comme la détection d’explosifs.

Les dauphins sont massacrés par milliers dans la baie de Taiji, au Japon, une fois l’an.

Une espèce particulière de dauphins, les globicéphales, sont décimés lors du « grind », une fête sanglante qui a lieu une fois l’an dans les îles Feroe, au Danemark.

 

Les cétacés n’ont jamais été une menace pour les hommes...